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Même crème, deux linéaires : ce que change le circuit

Lorsqu’une texture bascule de la pharmacie vers le sélectif, le discours, le prix et même le bouchon changent. Notes de terrain à Marseille.

Pots de crème et flacons blancs sur étagère

En février, une crème déjà connue en pharmacie du 4e arrondissement est apparue, sous un autre étui, dans une parfumerie du Vieux-Port. La texture au doigt restait proche. Le discours, non. Au comptoir de la pharmacie, on parlait de confort et de barrière. En sélectif, la conseillère a cité un rituel du soir et un accessoire offert dès 75 euros d’achat.

Le prix public n’était pas une simple conversion. Il intégrait un format différent, un carton plus épais, une pompe. Comparer les deux sans peser le flacon induit des réunions absurdes. Nous pesons, nous notons le volume réel, nous photographions l’étiquette, pas le présentoir seul.

Le voisinage compte. En pharmacie, la crème côtoyait des soins lèvres et des solaires. En sélectif, elle était encadrée par un sérum à l’éclat et un parfum d’entretien. Le même pot raconte une autre histoire selon la gondole.

Pour une veille utile, il faut donc suivre le circuit comme on suit une formule. Un « élargissement de distribution » n’est pas un détail logistique : c’est un changement de phrase, de geste de vente, parfois de cliente.

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